Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

13/04/2018

Le bois dont on fait les violons en Ariège

Un bon violon ? : Le secret réside dans le bois. Si le talent du luthier est indispensable, la qualité du bois l'est tout autant. Depuis des siècles les essences n'ont guère changè mais elles sont rigoureusement choisies pour assurer la parfaite sonorité de l'instrument.

Bois d'Érable pour le dos et le manche du violon, épicéa pour la table d'harmonie ou buis pour les mécaniques. On peut aussi y trouver de l'ébène mais en général, le violon se satisfait de bois relativement courants et faciles d'accès. En revanche, et même s'il n'en faut que de petites quantités, il est très exigeant quant à leur qualité. Car n'est pas bois de facture instrumentale qui veut.

Certains professionnels ont fait de la vente de ces bois spéciaux leur spécialité et les musiciens recherchent ce travail patient. En région Languedoc-Occitanie c'est l'Ariège, réputée pour la qualité de ses bois qui est la région privilégiée des luthiers et leurs clients violonistes : la qualité du bois s'entend jusque dans les cours de violon à Perpignan !

 

La filière bois : un enjeu pour l’Ariège

En Ariège, il y a 187 000 hectares de forêt privée. Elles génèrent plus de 800 000 m3 de nouveaux bois. Mais seulement 146 000m3 sont exploités annuellement: soit 18,25% de l’accroissement naturel de la forêt.

Les chiffres parlent d’eux même, la ressource bois est sous-exploitée en Ariège, au contraire du bois ipe 5 en Amazonie par exemple...

Première raison : la difficulté d’extraction du bois dans des zones de montagne pentues et difficiles d’accès.

Mal entretenue, il faut aussi faire un travail sur la forêt pour améliorer la qualité du bois, en plantant des essences plus nobles, plus facilement valorisables.

Mais le principal frein est que la forêt appartient à une multitude de propriétaires privés. La surface moyenne des propriétés forestières est de seulement 2 hectares.

Or, on estime que l’exploitation de la forêt n’est économiquement viable qu’ à partir d’unités de 200 à 300 hectares. Ou alors il faut se tourner et privilégier le petit artisanat comme le travail des luthiers pour violonistes ou guitaristes...

Une des solutions serait de créer un nouveau concept de «Gestionnaires Locataires Sylviculteurs» sur des territoires forestiers pertinents.

Des analyses sont en cours pour préciser les statuts juridiques qui pourraient être envisagés.

Les choses avancent peu à peu. Tandis qu’il n’existait en 2003 que 2 plateformes de production de plaquette forestière et 9 chaudières, la filière est organisée à partir de 5 plateformes qui alimentent 21 chaufferies publiques. Vu les projets en marche, ce chiffre pourrait passer à 31 d’ici 2013.

La consommation de plaquettes forestières, qui représentait 200 tonnes en 2003 est aujourd’hui de 2321 tonnes. Elle est estimée à 4306 tonnes pour 2013.

 

 

 

Les commentaires sont fermés.